27/05/2012
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Comme vous avez pu le constater, ces dernières semaines, je me suis fait discrète ici. Certes, il y a eu ces problèmes de connexion, mais elles ne sont pas la seule cause de ma désertion. Je l'avais évoqué à la fin d'un précédent article, mais n'avais pas eu envie, à ce moment là, de m'étendre sur le sujet. J'ai eu une grosse baisse de régime ces derniers temps, et maintenant je me sens capable d'en parler, car ça va mieux.
On a tous dans notre entourage cette fille enjouée, qui a toujours le moral et le sourire, partante pour tout, émerveillée par pas grand-chose... Je suis un peu ce genre de fille là, je vais souvent très bien, même si je suis stressée, ou angoissée parfois, comme tout le monde. J'ai goût à la vie, je suis pleine de projets et je vais, juste, bien. Et puis sans prévenir, lors des dernières vacances, en avril, le gros cafard. J'ai mis ça sur le compte de mon retour à Metz pour deux longues semaines, un peu ennuyeuse, et le déménagement à préparer, ce qui ne m'enchantait guère. Le temps fatalement gris, le ciel bas, la pluie, le froid, l'ennui, le tout pendant quinze jours, ont eu raison de mon moral. A la fin des vacances, j'ai emménagé dans notre nouvel appartement, et Robinson est reparti deux jours plus tard. Je me suis retrouvée seule dans ce lieu inconnu, avec nos meubles qui témoignaient de cinq ans de vie à deux... mais seule. J'ai repris le boulot, et j'ai appris que je ne restais pas dans mon école à la rentrée (j'en avais depuis le départ la certitude, mais il me restait 1% d'espoir, j'ai été déçue malgré moi...). J'ai donc commencé à m'en détacher intérieurement, à en faire mon deuil, si l'on peut dire, à me résoudre à l'idée que je ne ferai plus partie de l'équipe l'année suivante, et que je ne verrai pas mes petits élèves grandir et progressé dans la classe de ma collègue. J'ai fait le deuil des lieux, de ma chère salle de classe que j'ai petit à petit investi depuis des mois, de la petite cour de récréation si chouette, des tables qu'on sort pour déjeuner au soleil lorsqu'il fait beau. J'ai fait le deuil de tout ce travail d'intégration, les petits mots gentils, les attention, l'écoute, qui m'ont permis de me faire une place dans une équipe déjà bien soudée. Bref, je me suis fait une raison, et j'ai commencé à me détacher.
Parallèlement à cela, je suis rentrée chez moi chaque soir pour trouver un appartement vide, et inconnu. Je n'ai jamais vécu seule, je ne pensais pas que la transition serait si difficile. Je ne me sentais pas bien dans l'appart, je ne déballais pas les cartons, c'était le bazar partout. Je voulais que Robinson soit là pour m'aider à nous installer, pour avoir l'impression que c'était effectivement notre chez-nous, et pas seulement MON appartement. Je me suis mise à déprimer sévèrement. J'ai commencé à n'avoir plus envie de rien, plus de goût à rien. Plus envie de faire attention à mes fringues, plus envie de me maquiller le matin, plus envie de prendre une douche, plus envie de manger sain et équilibré, plus envie de faire du sport. Plus envie de regarder des adaptations BBC des romans de Jane Austen, rendez-vous compte!! A chaque fois que je me disais : "il faudrait que je fasse telle ou telle chose", automatiquement je pensais "A quoi bon?". En réflechissant comme ça, on aboutit vite au néant du monde et à la vanité de la vie, au "pourquoi suis-là, tout est vain..." et plus je prenais conscience de mon état, plus je flippais de me voir perdre ce goût de la vie si caractéristique de mon étatt d'esprit habituel. J'étais mal, et surtout j'avais peur de ne jamais plus retrouver mes élans positifs d'avant. On a vite tendance à dramatiser, quand on voit tout en noir... Et puis le soir, des montées d'angoisse m'empêchaient de m'endormir, des palpitations, la peur de je-ne-sais-quoi faisait battre mon coeur beaucoup trop vite.
Ces pensées négatives ne me quittaient pas, sauf lorsque je bossais et était concentrée, je me suis donc mise à fond dans le boulot. Mais passées ces 8 heures à l'école, je me retrouvais à nouveau seule face à mes idées noires. Et ces idées noires ont commencé à s'insinuer partout dans ma tête, et des dizaines de questions ont commencé à surgir. Une à une, mes certitudes, mes valeurs rassurantes, mes croyances, ont été ébranlées par mes doutes et mes remises en question. Mon couple a été touché et j'ai eu encore plus peur. Je détèste être perdue, sans repères, sans certitude, et c'est exactement ce vers quoi j'étais en train de me diriger.
Robinson, qui a bien vu que je broyais du noir et commençais à me morfondre sérieusement, est venu chaque week-end, en voiture, quitte à faire mille kilomètres aller-retour pour ne pas me laisser seule. Même à ses côtés, mes questionnements et mes doutes ne me lâchaient pas.
Et puis, je me suis dit qu'il fallait que je sois hyper occupée, pour ne plus penser. De même, j'ai cherché une nouvelle série, afin de retrouver chaque soir un univers familier pour avoir l'impression de créer quelques repères dans cette espèce de vie toute neuve dans laquelle je déambulais. Après l'école, je me suis remise à courir, à ranger. Je me suis fait un petit planning des choses que j'avais à faire et qui s'accumulaient depuis des semaines : les courriers, les changements d'adresse, internet, certaines petites courses, la bibliothèque... J'ai été au cinéma, j'ai vu des amis, ai passé beaucoup de temps avec une amie qui m'a donné beaucoup de son temps pour m'aider à aller mieux. Robinson est venu passer 10 jours à Lyon avec moi, et nous avons réussi à créer des habitudes dans notre nouvel appartement, je m'y sens enfin chez moi, chez nous, je déballe les cartons et fait tout pour que nous nous y sentions bien. Le retour du soleil, enfin, a contribué à ce que mes angoisses et mes doutes disparaissent peu à peu. Maintenant, ça va un peu mieux, je me retrouve, avec mes envies d'avant, mon enthousiasme, mon sourire. J'ai eu vraiment peur.
Alors voilà, j'avais envie de vous en parler, pour savoir si vous avez déjà connu ça vous, des moment de petite dépression, des changements qui font peur, la traversée de doutes et de grosse remise en question. Et si tout s'est arrangé, sans bouleversement, par la suite.
Et puis, c'est ma manière de vous dire que je suis de retour, aussi, car les blogs m'ont manqué, et partager avec vous, lire vos petits mots, aussi. J'ai hâte de m'y remettre, je fourmille d'idées!
A très bientôt alors!
18:27 Publié dans Du quotidien..., Humeur | Commentaires (19) | Tags : déprime passagère




Commentaires
Écrit par : trillian | 27/05/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Zadig | 28/05/2012
Je n'ai pas souvent posté sur ton blog mais je te lis très régulièrement....et après ton post d'aujourd'hui je suis obligée de te laisser un comm...!!
Dans tous tes articles, ça se sent que tu es une fille pleine de joie, d'humour, qui aime la vie, du coup le fait que tu exprimes un tel mal être ça fait bizarre, on est pas habitué à ça...mais le fait que tu en parles, et que tu puisses mettre des mots aussi précis sur ce que tu as traversé montre que tu vas mieux....!! Et c'est tant mieux...! J'ai également eu une très mauvaise passe...mais ça va mieux, et c'est une période qui fait partie de ma vie maintenant, je ne dirais pas que j'ai été contente de la vivre, mais cette période fait de moi ce que je suis aujourd'hui...!!
Enfin voilà, je suis contente que tu ailles mieux, que tout se passe bien avec Robinson...
Et surtout, ton blog est vraiment super...!!
Écrit par : ptichou73 | 27/05/2012
Répondre à ce commentaireEt merci pour tes encouragements, pour le blog! A bientôt!
Écrit par : Zadig | 28/05/2012
Écrit par : Julia | 28/05/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Zadig | 29/05/2012
Écrit par : trillian | 28/05/2012
Répondre à ce commentaireBises collègue, et retrouve vite le moral ! :)
Écrit par : Anaïs | 28/05/2012
Répondre à ce commentaireMais maintenant que c'est derrière, que ça va mieux, je n'ai plus envie d'en parler. Exorcisée une bonne fois pour toutes!
Écrit par : Zadig | 29/05/2012
Lyon a été ma ville de mal être et j'ai du tout faire pour la quitter, pour me reconstruire ailleurs. Cette transition très rude m'a beaucoup ébranlé (surtout sur un plan affectif) mais jamais je ne regretterai cette décision.
Actuellement en période stressante ça m'apaise de me rappeler qu'au moment où ça n'allait vraiment pas j'ai pu tout mettre en oeuvre pour aller mieux. Cette idée me donne du courage pour affronter les journées à venir.
D'un côté c'est bon que les choses ne soient pas toujours simple et fluide.
Sans te connaitre, je suis vraiment contente de savoir que tu vas mieux et que tu es de retours pour nous faire doucement rêver par tes lectures et ta façon de parler des petites choses.
Écrit par : aloÿse | 29/05/2012
Répondre à ce commentaireBises!
Écrit par : Zadig | 06/06/2012
Écrit par : Emilie | 30/05/2012
Répondre à ce commentaireMerci pour tes gentils mots Emilie! A bientôt, bisous!
Écrit par : Zadig | 06/06/2012
Écrit par : Miss Babooshka | 31/05/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Zadig | 06/06/2012
Alors c'est pas évident mais je suis certaine qu'on en sort toujours et un peu plus forte, il faut profiter, apprendre à s'écouter quand ça va pas mais aussi profiter des beaux moments.
C'est important de te sentir chez vous, j'espère que ça ira pour toi, pour vous.
Je ne te connais pas mademoiselle Zadig mais mon petit doigt me dit qu'on est fait pour s'entendre !
Pleins de bisous et de courage !
Écrit par : Deborah | 02/06/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Zadig | 06/06/2012
Je t'embrasse
Écrit par : Camille | 03/06/2012
Répondre à ce commentairePersonnellement, pour me sortir la tête de l'eau, j'ai essayé de beaucoup m'occuper et de ne pas trop m'accorder de moment où mon esprit pouvait se laisser aller à trop penser, à réflechir sur tout et rien et la vacuité du monde. J'ai fait plus de sport, vu mes amis et leur ai dit que j'avais besoin d'eux encore plus que d'habitude (et ils m'ont entendue et ont été là à chaque fois qu'ils sentaient qu'il fallait que je sorte m'aérer l'esprit), j'ai instauré des rituels très rassurants (une série, avec un épisode à regarder chaque soir avant de dormir, par exemple)... Surtout, j'ai essayé d'arrêter de trop penser et réfléchir, car je me prenais vraiment la tête...
J'espère que tout ça pourra t'aider. Donnes nous des nouvelles qu'on ne s'inquiète pas trop! Courage surtout. Si tu as besoin n'hésite pas.
Bises!
Écrit par : Zadig | 06/06/2012
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